Economie

Extension du plateau continental : Le Togo et le Bénin veulent aller au delà des 200 milles nautiques

Publié le mercredi 10 octobre 2018, par Leader

L’importance du fait maritime dans la mondialisation n’est pas un phénomène nouveau et date de l’antiquité. Néanmoins, la mondialisation a accru ce phénomène et s’est traduite par une montée en puissance des enjeux maritimes aussi bien en termes de flux que de ressources. Dans ce cadre, l’importance économique et diplomatique des espaces maritimes dans la mondialisation fait plus que jamais de la mer un enjeu politique grâce auquel un Etat peut rayonner et affirmer sa puissance sur la scène internationale. Toutefois jusque-là, l’accès au caractère hautement stratégique des richesses du fond des mers était réservé à un petit nombre de pays avancés disposant de la maîtrise scientifique et technologique. Cela est en train de changer.

Pour cela, le Togo et le Bénin, en vue d’avoir un plateau continental plus large et étendu, ont conjointement soumis aux Nations Unies à New-York, un dossier d’extension de leur plateau continental respectif au delà des 200 milles nautiques en vertu des bonnes relations politiques et sociales qu’entretiennent les deux (2) États depuis de longues années. L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse organisée à Lomé au siège du Haut Conseil pour la Mer ce vendredi 05 octobre par les responsables de ladite institution entre autres, le Capitaine de Vaisseau TAKOUGNADI Neyo.
Cette soumission du dossier définif qui est intervenue le 21 septembre 2018 par les deux (2) Etats a été précédée en 2009 par un dépôt conjoint des informations préliminaires avec l’appui des partenaires techniques et financiers entre autres, la coopération allemande à travers la GIZ.

<< Cette extension va permettre aux deux (2) États entre autres, de maîtriser leurs espaces maritimes qui ne s’arrêtent pas seulement à la mer territoriale, qui ne s’arrêtent pas non plus à la zone contiguë, mais qui va au delà des 200 milles marins et emporte également la côte terrestre >>, a expliqué Hubert BAKAÏ, membre de la Commission Nationale des Frontières Maritimes du Togo (CNFMT).
Elle va aussi permettre de bénéficier des ressources que regorgeraient cet espace à savoir, les ressources halieutiques dans la zone exclusive et aussi les ressources minérales dans le sol et le sous-sol dudit espace.
L’économie bleue reste et demeure une plaque tournante car 90% des échanges commerciaux se font par la mer.
Même si le dossier conjoint des deux (2) États est à la 80è place sur les 135 pays de l’espace côtier dans le monde, ils sont attendus à la 49è session des Nations Unies qui aura lieu prochainement entre Janvier et Mars pour présenter à la Commission des Limites du Plateau Continental (CLPC), le résumé de leur dossier, ce qui va permettre à ladite commission de se pencher sur son examen selon l’ordre chronologique établi.

Le paragraphe 8 de l’article 76 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer de 1982 dispose : << l’État côtier communique des informations sur les limites de son plateau continental, lorsque celui-ci s’étend au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquels est mésurée la largeur de la mer territoriale, à la Commission des Limites du Plateau Continental (CLPC) constituée en vertu de l’annexe 2 sur la base d’une représentation géographique équitable. La Commission adresse aux États côtiers des recommandations sur les questions concernant la fixation des limites extérieures de leur plateau continental. Les limites fixées par un État côtier sur la base de ces recommandations sont définitives et de caractère obligatoire >>.

Charlespi Yao Yao