Droits de l’homme Etre homosexuel au Togo

Kodjovi Apedido paie le prix de son orientation sexuelle

Publié le jeudi 21 novembre 2013, par Yiago Nazzarrio

L’homosexualité au Togo, mythe ou réalité ? Est-on tenté de se demander. Beaucoup de Togolais homosexuels en paient les prix pour leur orientation sexuelle.
Même des intellectuels traitent leurs compatriotes de tous les noms d’oiseaux. Le cas le plus patent est celui, d’un jeune togolais, Kodjovi Apédio, victime des injures, des persécutions pour avoir choisi d’être homosexuel.
L’homosexualité est une réalité au Togo. Selon les informations, bien qu’elle ne soit pas pratiquée comme elle se fait de nos jours, elle a toujours existé. Elle est rencontrée dans les sociales ancestrales. Elle se pratiquait au cours de certaines activités initiatiques. Ces rites loin de ce qui se pratiquait dans les sociétés antiques confèrent aux initiés un statut d’homme. Mais il faut dire quand même qu’elle a pris une autre allure depuis un certain temps au Togo. Nombreux sont les homosexuels qu’on rencontre aujourd’hui. Selon le sociologue Charles Gueboguo, « En Afrique le plus souvent le sexe se pratique davantage qu’il ne se dit ; même à travers les contes lorsqu’il est abordé, c’est par le biais de métaphores, d’analogies, d’ellipses ou encore de métonymies. A ce niveau, le langage qui entoure le sexe surtout quand il veut véhiculer un savoir ne peut que se deviner, ou se visualiser par le biais d’œillères pour ne jamais en préciser la pensée. Bien que le sexe ne se prête pas toujours avec aisance au jeu de l’interprétation, son sens n’est pas systématiquement caché pour les natifs. Il ne nécessite pas d’être toujours décrypté. C’est pourquoi au sein des groupes, les acteurs sociaux ne s’interrogeront pas nécessairement sur ses significations, même quand pour un observateur étranger, il peut apparaître contre nature ou obscène ». Comment l’orientation sexuelle peut-elle être source de persécution ?
La persécution des homosexuels
Les homosexuels en Afrique en général et au Togo en particulier sont persécutés ou consédérés comme des gens « anormaux ». Mais officiellement, ces cas ne sont pas légion. Mais les victimes souffrent en silence. Ils sont nombreux au Togo ces homosexuels qui ne peuvent pas afficher publiquement leur orientation sexuelle de peur de s’attirer des ennuis y compris dans leur propre famille parfois. Le très respecté hebdomadaire panafricain « Jeune Afrique » nous renseigne que « L’homosexualité est considérée comme un crime dans plus de 70 pays et passible de la peine de mort dans plusieurs d’entre eux ». Au Togo, seulement le code de la famille prévoit qu’un mariage, c’est entre un homme et une femme ». Le seul fait qu’on doigte quelqu’un qu’il est homosexuel suscite déjà un rejet de sa communauté.
Le cas de Kodjovi Apédido. Il est jeune togolais, brillant étudiant, aimable et animé d’un grand désir de travailler dur pour aider un jour son pays, selon ses proches. Après ses études secondaires, il s’inscrit à l’Université de Lomé à la faculté des sciences des gestions d’abord avant de partir au Ghana pour poursuivre ses études supérieures en science politique. Jusque-là tout allait bien. Mais c’est lorsqu’on constate qu’il est devenu homosexuel qu’il va commencer à avoir des ennuis. Il est persécuté, traité de tous les noms d’oiseau. Il a quitté un entre-temps le Ghana pour le Togo. Mais dans son quartier Adidogomé, un quartier au nord de Lomé, la capitale, tous ceux qui savent qu’il est devenu homo ne le saluent plus. Mieux, ils s’organisent pour le dénigrer publiquement. Dépassé, il a plié bagage pour rejoindre ses études. Il en sortit nanti de diplôme à même de lui permettre de trouver une place au soleil. Mais les persécutions ont continué. Il a décidé de vivre reclus. Il l’a fait pendant quelques mois mais finalement il décidé de prendre son courage à deux mains pour faire face à la réalité.
Aux dernières nouvelles, il se trouverait au pays de Barack Obama. Sa famille espère que là il trouvera la paix de cœur.