Environnement

Quatre associations dénoncent les carrières sauvages de sable à Akoumapé, Avéta et Abobo-Sagonou

Publié le mardi 19 mars 2019, par Yiago Nazzarrio

Le Nouveau Citoyen, le Comité de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de l’Homme (CRAPH), la Novation Internationale, la Solidarité Planétaire Branche du Togo (SP-BT) et l’Association des Jeunes pour Assistance et Actions Humanitaires (AJAAH), dans une déclaration, alertent sur le drame social et environnement qui se joue dans les villages d’Akoumapé, Avéta et Abobo-Sagonou.

DECLARATION DES OSC RELATIVE A LA MULTIPLICATION DES CARRIERES SAUVAGES ILLICITES DE SABLE DANS LES LOCALITES D’AKOUMAPE, D’AVETA ET D’ABOBO-SAGONOU

Les organisations signataires de la présente déclaration constatent avec consternation, suite à une enquête minutieuse sur le terrain, le développement anarchique des carrières sauvages d’exploitation de sable dans les localités d’Akoumapé, d’Avéta et d’Abobo-Sagonou.

En effet, saisis par les populations riveraines, Nouveau Citoyen, le Comité de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de l’Homme (CRAPH), Novation Internationale, Solidarité Planétaire Branche du Togo (SP-BT) et l’Association des Jeunes pour Assistance et Actions Humanitaires (AJAAH) ont effectué des visites discrètes les 07, 11 et 16 mars derniers dans les zones concernées. A l’issue de ces visites, il ressort un constat assez alarmant : de vastes domaines exploités avec des outils rudimentaires pour la plupart, et sans aucune étude d’impact environnemental et social préalable, créant ainsi un drame environnemental avec une destruction massive des terres cultivables.

A Akoumapé par exemple, on note plus de quatre sites, de grosses fosses qui sont creusées pour l’extraction du sable et qui sont abandonnées au fur et à mesure que l’exploitation touche à sa fin. Précisons également, qu’avant la mise en place de ces carrières sauvages, ces acteurs illégaux opèrent un abattage anarchique des arbres, créant là aussi un sérieux problème environnemental lié à la déforestation. Des femmes travaillant dans ces carrières sauvages sans aucune mesure de sécurité, la plupart du temps avec leurs enfants au dos ou laissés à la lisière des fosses.
Le même constat fâcheux a été relevé lors de nos visites d’enquête à Abobo-Sagonou, où on dénombre plus de cinq carrières sauvages, des terres cultivables dévastées, toujours par le même réseau.

D’après nos informations recueillies de sources crédibles, une entreprise semble-t-elle légale, qui est basée à Avéta sur l’ancien site de CECO BTP, et qui ne dispose pas d’ailleurs d’enseigne affichant clairement son identité, serait propriétaire de ces carrières sauvages. De gros camions font quotidiennement des navettes pour transférer le sable extrait des carrières d’Akoumapé et d’Abobo pour le site de la société en question à Avéta.

Il convient de rappeler que c’est suite aux multiples pressions exercées par les différentes organisations précitées, que la question relative à la multiplication anarchique des carrières sauvages a été vraiment prise au sérieux par les autorités compétentes du pays, notamment, le ministère de l’environnement, le ministère des mines et de l’énergie, l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) et le ministère de la sécurité. En 2017, nos campagnes de dénonciation ont abouti à la fermeture de trois carrières sauvages installées le long du littoral, à Dévikinmé, Nimagnan et Alogavi.

Un communiqué conjoint avait été alors sorti par les trois ministères concernés interdisant la création et l’exploitation de carrière sauvage de sable avec une mise en garde des contrevenants assortie de sanctions prévues par la loi.
Près de deux ans après, on constate que cette décision n’a pas été suivie d’effet parce que des carrières poussent encore comme des champignons dans les différentes localités de notre pays, dont les cas Akoumapé, Abobo-Sagonou et Avéta sont les plus alarmants.

Pour les cas en question, il nous a été signalé que ces acteurs illégaux sont de connivence avec les autorités locales ainsi que certains commis des services compétents, notamment, les mines et l’environnement.

Les organisations signataires dénoncent avec la plus grande fermeté ce laxisme des autorités compétentes notamment, le ministère de l’environnement et des ressources forestières, le ministère des mines, le ministère de la sécurité et l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement, laxisme qui favorise le développement du phénomène.

Eu égard au drame socio-environnemental en cours dans ces localités, les organisations signataires de la présente déclaration exigent que ces carrières sauvages soient fermées dans l’immédiat afin de soulager les peines des populations riveraines et sauver tout l’écosystème en danger dans ces zones.
Les organisations signataires lancent un appel aux autorités compétentes pour le respect du communiqué conjoint du 14 Août 2017 relatif à la multiplication inquiétante des carrières sauvages illicites.

Enfin, les OSC voudraient compter sur l’engagement du gouvernement à travers les institutions concernées pour traquer sérieusement ces acteurs illégaux afin d’arrêter le drame.

Fait à Lomé, le 18 mars 2019

Nouveau Citoyen

CRAPH

Novation Internationale

SP-BT

AJAAH